La psychomotricité

 
La psychomotricité est une profession paramédicale qui s’intéresse à la personne dans sa globalité (psychisme + corps) et à sa manière d’évoluer dans son environnement.
 
Le psychomotricien s’appuie sur le lien entre les vécus psychiques et corporels pour résoudre la problématique du patient.
 
Autrement dit, par l'intermédiaire du corps, le psychomotricien s'intéresse à la fois aux troubles de fonctions motrices (maladresse, difficultés de coordinations...) et mentales (confiance en soi, difficultés attentionnelles, fragilité émotionnelle...). En outre, le psychomotricien s'intéresse au tonus musculaire en lien étroit avec nos émotions et à la présence éventuelle de troubles tonico-émotionels.

Pour des illustrations vidéos du métier de psychomotricien, merci de vous reportez à la rubrique "Liens".
 
Le psychomotricien exerce obligatoirement après délivrance d’un diplôme d’Etat au terme d’une formation de 3 ans.
 
En sa qualité d’auxiliaire de médecine, le psychomotricien est soumis au secret professionnel. Le psychomotricien exerce sur prescription médicale au même titre que le kinesithérapeute ou l’orthophoniste.
 
Le psychomotricien travaille en lien avec l'entourage du patient (famille, école, autres soignants) afin d'évaluer l'impact des difficultés rencontrées dans sa vie quotidienne, en suivre l'évolution et coordonner au mieux sa prise en charge avec les autres prises en charge éventuelles.
 

Le bilan psychomoteur 

Un bilan psychomoteur précède toute éventuelle prise en charge ultérieure afin de déterminer quelles sont les compétences psychomotrices du patient. S'il s'agit d'un enfant, ses compétences sont comparées à celles attendues en moyenne pour son âge suivant des tests côtés afin de mesurer le plus précisément possible le degré des difficultés rencontrées.
Le bilan permet de mieux connaître les éventuelles points faibles ou lacunes à travailler mais aussi les points forts et compétences psychomotrices existantes.

Les champs de compétences suivants sont évalués lors du bilan psychomoteur : tonus, équilibre statitique et dynamique, coordinations dynamiques générales, motricité fine et praxies, graphisme, connaissance du corps, schéma corporel et image du corps, connaissance droite/ gauche et latéralité, structuration spatio-temporelle, capacités attentionnelles et comportement du patient au cours du bilan.

Pour les enfants et adolescents, le bilan psychomoteur se compose d’un entretien préalable en présence de l’enfant et de l’un des parents ou des deux parents lorsque cela est possible. Nous effectuons ensuite le bilan avec l’enfant au cours de un à deux rendez-vous en règle générale mais le bilan peut être fractionné de manière plus importante suivant les besoins du patient afin de l’évaluer dans les meilleures conditions possibles.

Si une prise en charge psychomotrice est nécessaire, les conclusions du bilan psychomoteur établissent un projet thérapeutique avec l'indication de l'approche envisagée, des objectifs de la prise en charge et l'estimation du nombre de séances à effectuer. Un bilan d’évolution peut avoir lieu en cours de prise en charge afin de mesurer les progrès du patient et de réajuster les objectifs de prise en charge si nécessaire.
 
Le bilan psychomoteur permet aussi de pouvoir orienter le patient, si besoin, vers d'autres bilans. Exemple : en cas de difficultés attentionnelles avec un trouble visuospatial reperé lors du bilan psychomoteur, un bilan des stratégies visuelles auprès d'un orthoptiste sera à effectuer.
 

Les séances de psychomotricité 

La prise en charge psychomotrice s’appuie sur la valorisation des compétences du patient et le développement de son estime personnelle. Ceci constitue le socle de la prise en charge pour le faire travailler sur les difficultés qu’il rencontre.

Le psychomotricien peut utiliser de nombreux médiateurs comme le jeu, la relaxation, la gymnastique douce, le théâtre, la musique,  la danse, les arts plastiques, le multimedia.
 
Auprès d'enfants, les domaines de compétences qui posent problème sont souvent travaillés au travers de jeux adaptés avec une difficulté progressive visant à faire progresser l’enfant sans qu’il se sente en échec.
Pour autant, jeu n’est pas à confondre avec amusement ! Si l’enfant peut souvent éprouver un certain plaisir à jouer en séance de psychomotricité, le jeu proposé conserve toujours un ou des objectifs prédéfinis de travail en lien avec les difficultés rencontrées par l’enfant.
 

Remboursement des séances

- Le psychomotricien a le même statut qu’une orthophoniste mais la psychomotricité en cabinet libéral n’est pas encore prise en charge par la sécurité sociale.

Cependant, un remboursement de tout ou partie du bilan et des séances peut avoir lieu dans certains cas :

- Certaines mutuelles remboursent tout ou partie des séances de psychomotricité.
 
Exemples :
+ MGEN 
+ Mutuelle intégrance (jusqu'à 400 euros par an)
+ Audiens prévoyance
+ Mutuelle du Crédit agricole
+ APICIL
+ Pacifica (10 séances)
+ Uneo
+ Air France (20 euros par séance)
+ Previform
+ Gras Savoye
+ Renault
+ Airbus
+ Mutuelle militaire
 
Cette liste est non exhaustive. Renseignez-vous auprès de votre mutuelle.
Le psychomotricien peut établir des factures ou devis de séances en vue d'un remboursement.
 
- Demande de prise en charge exceptionnelle auprès de l'assurance maladie en cas de revenus financiers restreints : formulaire à réclamer à votre centre de sécurité social. Un courrier attestant de l'impossibilité de soins ou de l'absence de places en CMP peut s'avérer utile pour appuyer votre demande.
 
- En cas de reconnaissance d’un handicap, la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) prend en charge les séances par l'intermédiaire de la reversion d'une allocation (l'AEH). Si les parents le souhaitent, les pathologies diagnostiquées comme la dyspraxie ou le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité peuvent donner lieu au montage d'un dossier MDPH en vue de la prise en charge financière d'un handicap existant. L'allocation reversée sera plus ou moins importante suivant le degré de handicap reconnu.